La Maison Paternelle de Sainte Bernadette est un ancien moulin hydraulique du cœur historique de Lourdes, nommé d'après son ancien propriétaire, la famille Lacadé.
La façade austère donne sur la rue Bernadette Soubirous — en 1865, encore la rue des Moulins, qui en comptait six. Porte en bois massif, volets patinés, fenêtres sur deux niveaux : une architecture lourdaise du XIXe siècle, sans fioritures.
Au rez-de-chaussée, la cuisine de Louise
À droite de l'entrée, le moulin de François, sol en bois, murs en pierre. À gauche, la cuisine : sol de cailloux scellés au ciment, murs de pierre brute, cheminée noircie, la vieille table en bois du meunier — et, contre un mur, le lit de Louise.
Trop malade pour monter l'escalier, Louise ne quitte plus cette pièce, où Bernadette la retrouve deux fois par semaine. À l'été 1866, sa fille vient lui dire adieu avant son départ pour Nevers et s'évanouit dans ses bras, sur une chaise restée à la même place. Quatre mois plus tard, le 8 décembre 1866, Louise s'éteint dans ce lit, à 41 ans. Quand François s'en va à son tour, plus rien ne bouge : le lit de Louise ne sera jamais défait.
À l'étage, la chambre où François s'éteint
Des deux chambres d'origine, une seule reste ouverte aux visiteurs : celle des dernières années de François, juste au-dessus de la cuisine. Au fond, son lit, simple, sans ornement ; les draps rayés, jamais blancs, gardent le pli même qu'il leur avait donné.
Ancien maître meunier devenu journalier dans les années noires, François y vit seul quatre années durant — Bernadette partie, Louise morte — et s'éteint dans ce lit le 4 mars 1871, à soixante-quatre ans.
Contre l'autre mur, le petit lit en bois massif de Bernadette, qui de février 1865 à juillet 1866 descend de l'hospice deux jours par semaine pour revoir les siens. Les apparitions sont déjà loin : sept ans plus tôt, à la grotte, quand la famille s'entassait au Cachot, à quelques rues d'ici. Cette chambre, elle ne l'aura connue qu'en passant.