Les reliques conservées à la Maison Paternelle de Lourdes sont uniques au monde : une robe de baptême brodée à Nevers, des lettres manuscrites à son frère Jean-Marie, son missel, un mouchoir à carreaux, une petite grotte sculptée dans du charbon, des images pieuses. Tous ont été touchés, fabriqués ou portés par Bernadette Soubirous elle-même ; notre famille les transmet depuis six générations.
Les reliques de Sainte Bernadette à la Maison Paternelle de Lourdes
Six objets uniques au monde, conservés par notre famille depuis six générations
Quelles sont les reliques de Sainte Bernadette à Lourdes ?
Une collection que personne d'autre ne possède
Ces objets sont conservés au Moulin Lacadé, où son père François a vécu jusqu'à sa mort, le 4 mars 1871. Bernadette est morte à Nevers le 16 avril 1879, à 35 ans ; depuis près de 150 ans, six générations, de son frère Jean-Marie à nous, arrière-arrière-petits-neveux et nièces, veillent sur ces objets.
La robe de baptême brodée par Bernadette au couvent de Nevers

Bernadette brode cette robe au couvent Saint-Gildard pour le premier enfant de son frère Pierre, et la lui envoie avec ces mots :
« Pour les baptêmes de vos enfants. »
Une broderie réalisée avec précision
Elle ne savait ni lire, ni écrire, ni broder ; elle parlait le bigourdan, ramassait du bois et gardait les moutons à Bartrès, du temps du Cachot (1857-1858). À Nevers, les sœurs lui apprennent tout, malgré l'asthme et la tuberculose osseuse au genou. Aiguille fine, fil, lin blanc : de ses doigts fragiles sort une broderie précise, soignée, sans imperfection.
Une robe qui traverse six générations
Les enfants de Pierre meurent tous en bas âge ; la robe aurait pu disparaître, la famille la garde pour les baptêmes des autres branches Soubirous. Dernier en date : septembre 2024, un bébé Soubirous, un siècle et demi après que Bernadette a posé son aiguille.
Ce que vous verrez derrière la vitrine
Sous verre : tissu blanc légèrement jauni, broderies nettes et régulières. Des dizaines de bébés Soubirous l'ont portée. Ce cadeau d'une sœur qui savait ne jamais revoir les siens dit : je ne suis plus là, mais je veille.
Les lettres manuscrites de Bernadette à son frère Jean-Marie
Depuis Nevers, Bernadette écrit à sa famille. Nous conservons une lettre à son frère Jean-Marie : écriture ferme, parfaitement formée, sans une faute — elle, totalement analphabète huit ans plus tôt, quand elle voyait la Vierge à Massabielle.
L'apprentissage tardif d'une analphabète
Avant le noviciat, en juillet 1866, elle signait à peine son nom et ne maîtrisait pas le français. À Nevers, elle apprend, lentement, sérieusement : une calligraphie posée, sans trace de sa souffrance physique constante.
Une lettre simple, fraternelle
Des nouvelles, les siens, l'union de prière ; aucune théologie, aucune apparition. Écrite non pour devenir une relique, mais par une sœur à son frère — cette banalité touche.
Ce que vous verrez
Papier jauni, encre sépia, sous verre. Rien de la fille du peuple qu'on imagine en 1860 : la preuve directe de ce qu'elle a appris à Nevers.
La petite grotte en charbon sculptée par Bernadette

L'objet le plus humble, le plus émouvant : une grotte sculptée dans du charbon par Bernadette, probablement en souvenir de Massabielle, où la Vierge lui est apparue dix-huit fois entre février et août 1858.
Un geste d'enfance, pas un geste de sainte
Elle sculpte le charbon qu'on brûlait dans la cheminée du Cachot, malgré la misère : cavité creusée, rocher modelé, Massabielle reproduite en miniature, telle qu'elle l'a vue. Pas une œuvre d'art — le geste d'une adolescente ramenant à hauteur d'enfant quelque chose de trop grand pour elle.
Pourquoi cet objet bouleverse les visiteurs
Beaucoup s'arrêtent ici plus que devant la robe, les lettres ou le missel. Pas de reliquaire en or ni de soie : un charbon noirci par les doigts d'une fille du peuple, presque rien — comme Bernadette, fille de meunier ruiné, asthmatique, analphabète, qui a vu la Vierge.
Ce que vous verrez
Sur socle, sous vitrine : charbon noir, luisant par endroits ; cavité, rocher, silhouette de Massabielle. Des arêtes irrégulières de main d'adolescente — au Cachot, ou au Moulin Lacadé après 1865.
Le missel personnel de Bernadette

Ce missel était le sien : pages tournées, cornées, marquées par l'usage.
Un livre quotidien, pas un livre de cérémonie
Toutes les religieuses et familles pratiquantes du XIXe siècle en avaient un ; celui-ci est le sien. Ouvert avant la messe, suivi pendant la liturgie, refermé avant complies, il a accompagné ses prières, à Lourdes puis à Nevers, jusqu'à la fin.
Ce que vous verrez
Couverture sombre et patinée, tranche dorée éteinte, coins émoussés. Des mains, fébriles ou apaisées, s'y sont accrochées comme à un compagnon.
Le petit mouchoir à carreaux de Bernadette

Un objet banal, indispensable à l'époque, comme on en faisait dans les familles de Bigorre au XIXe siècle. Bernadette le gardait sur elle.
Un détail qui ramène à l'humain
Bernadette était une jeune femme malade, asthmatique depuis l'enfance. Ni relique liturgique ni objet de dévotion : l'objet d'un corps qui tousse, se mouche, s'essuie le visage, transpire pendant les fièvres.
Pourquoi c'est précieux malgré tout
Justement parce qu'il est banal. Ce coton passé sur son front quand la fièvre montait prouve que la sainte qu'on prie était d'abord une fille de chair et de sang — pas un vitrail, celle que la Vierge a choisie.
Les images pieuses fabriquées par Bernadette
Bernadette confectionnait aussi de petites images pieuses, dans ses temps libres, pour les offrir ou pour elle-même.
Un travail patient
Les sœurs de la Charité de Nevers consacraient une partie de leurs journées aux travaux manuels : couture, broderie, images pour pèlerins ou paroisses pauvres. Bernadette découpe, assemble, colore parfois. Quelques images nous sont parvenues, protégées de la lumière et de l'humidité.
Ce que vous verrez
Des images modestes : papier, couleur, parfois un fil ou un ruban — mais sa main a découpé, collé, posé chaque détail.
Pourquoi ces reliques sont conservées chez nous depuis six générations
En partant pour Nevers en juillet 1866, Bernadette laisse très peu : vêtements usés, petits objets, et ses envois du couvent — robe, lettres, images. Tout arrive à Jean-Marie, héritier de la Maison Paternelle à la mort de François, en 1871.
Jean-Marie, le premier gardien
Bernadette est déjà célèbre, Lourdes attire ses premiers pèlerins : Jean-Marie comprend la valeur, spirituelle et historique, de ces objets. Collectionneurs et hommes d'Église sollicitent des dons pour évêchés ou sanctuaires. Il refuse, garde tout, transmet à son fils.
Six générations de transmission
Son fils hérite, puis son petit-fils, son arrière-petite-fille, puis nous. À chaque génération, la même règle, jamais écrite, transmise par l'exemple : garder tout, protéger tout, transmettre tout — demain, aux enfants de la prochaine génération.
Pourquoi cette transmission matérielle est unique
Le Moulin Lacadé est resté privé et familial : depuis 1871, la maison se transmet au sein de la famille Soubirous, de génération en génération, sans jamais quitter les mains de ses descendants. C'est ce qui rend cette transmission unique : ici, les objets de Bernadette sont restés dans la maison même où sa famille a vécu.
Comment voir les reliques de Sainte Bernadette à Lourdes
Elles sont exposées dans une salle attenante au Moulin Lacadé, ouverte tous les jours d'avril à octobre.
Comptez 15 à 20 minutes pour le parcours : la maison paternelle, les chambres dans leur état d'origine, la salle des reliques.
- Adresse
- 2 rue Bernadette Soubirous, 65100 Lourdes
- Horaires d'avril à octobre
- 9h30-12h15 / 14h15-18h30
- Contribution à l'entretien
- 2,50 € (groupes : 2,00 € par personne à partir de 15 personnes)
- Gratuit
- enfants de moins de 16 ans, religieux et prêtres, chefs de groupe, personnes en situation de handicap
Questions fréquentes sur les reliques de Sainte Bernadette
Quelles sont les reliques authentiques de Sainte Bernadette à Lourdes ?
La robe de baptême brodée à Nevers, les lettres manuscrites à son frère Jean-Marie, son missel personnel, le mouchoir à carreaux, la petite grotte en charbon sculptée en souvenir de Massabielle et des images pieuses de ses mains.
Où voir les reliques de Sainte Bernadette à Lourdes ?
À la Maison Paternelle de Sainte Bernadette, 2 rue Bernadette Soubirous à Lourdes. Ouvert d'avril à octobre, 9h30-12h15 / 14h15-18h30 ; contribution : 2,50 €.
Pourquoi ces reliques sont-elles conservées à la Maison Paternelle ?
Parce que la famille Soubirous, descendante directe de Jean-Marie, les conserve. À sa mort en 1879, Bernadette n'a laissé que peu d'objets, envoyés depuis Nevers aux siens ; ils sont restés dans la maison paternelle, transmis au sein de la famille depuis six générations.
La robe de baptême brodée par Bernadette est-elle encore utilisée aujourd'hui ?
Oui : elle sert toujours aux baptêmes des enfants Soubirous. Le dernier a eu lieu en septembre 2024.
Peut-on photographier les reliques ?
Oui, dans la maison paternelle ; le flash est interdit dans la salle des reliques, pour préserver robe de baptême, lettres et images.
Pour aller plus loin
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Notre invitation
Ces reliques ne sont pas dans une vitrine de musée municipal. Elles sont chez nous : dans la maison de François, où Louise est morte le 8 décembre 1866, où Bernadette est venue dire adieu à sa mère avant de partir pour toujours à Nevers.
C'est le plus souvent Anne qui vous accueillera, arrière-arrière-petite-nièce de Bernadette, sixième génération à veiller sur ces objets. Nous ne sommes pas conservateurs de musée, nous sommes une famille : ces reliques sont notre héritage, spirituel et familial. Venez les voir.
Maison Paternelle de Sainte Bernadette — Moulin Lacadé, 2 rue Bernadette Soubirous, 65100 Lourdes
Venez voir ces lieux et ces objets de vos propres yeux
La robe de baptême, les lettres, le missel : tout se visite dans la maison, présenté par la famille.
ou appelez-nous au 05 62 94 22 51